La Civilisation Antique

La notion de rite de passage s’installe peu à peu dans les civilisations antiques. D’enfant on devient adulte, on quitte ses parents pour fonder son propre foyer. Le mariage devient symbole de création de la famille, de nombreuses images de fécondité s’associent au rite nuptial. L’homme crée également le divorce ou plus précisément la répudiation, des femmes bien entendu ! Le mariage est garant de naissances à venir, aussi, il devient un devoir civique pour tout un chacun. Et malheur aux célibataires qui étaient la honte du peuple et se faisaient huer publiquement une fois par an. Vous trouvez ça pas sympa? Dites-vous qu'en prime il existait un impôt spécial célibataire!

Pour les grecs comme pour les romains, le mariage devient le socle de la famille d’un point de vue juridique. Seuls les enfants nés en son sein peuvent prétendre au nom de leur père et à ses biens.

Grecs et romains partagent un autre point de vue : Amour et sexualité, voire amitié ne vont pas de pair avec le mariage, Ah ! Ça devait être joyeux à la maison….Plutarque, éminent philosophe de son temps déclarait ainsi : « Si j’ai envie d’avoir un rapport, je ne vais pas déranger ma femme au gynécée pour une chose aussi futile ».

Alors d’accord le mariage et l’amour sont deux choses distinctes, pour autant les romains, apporteront au rite nuptial des symboles forts toujours présents de nos jours, plus de 2000 ans après : l’alliance, le port de la mariée sur le pas de la porte (elle ne peut toucher le sol en pénétrant dans la maison de son époux, montrant ainsi que, n'y étant pas entrée de sa propre volonté, elle ne pourra pas en sortir de sa seule volonté, d’après Plutarque, encore lui !), le voile et la couleur blanche pour la tenue de la mariée.

Les romains vont également intégrer la notion de religion dans le mariage. En effet, dans leur société, la religion est omniprésente. De nombreux rites se mettent en place pour faire accepter les mariages par les dieux, pour les faire durer, on consultait des prêtres qui interprétaient les signes divins pour définir la date des noces.

Un nouveau terme est crée pour parler du mariage : conjugium, étymologie des mots conjoints et conjugal. Là encore le conjugium se fait par un échange de consentements : «consensus fecit nuptias » (le consentement fait les noces) déclare le droit romain. Cette mode s’est diffusée dans les diverses contrées du globe et a traversé les époques puisqu’aujourd’hui encore, cet instant est le point d’orgue de nos cérémonies de mariage.

L’alliance est portée à la main, en rappel de la main de Fatma, déesse phénicienne qui symbolisait la croissance et les naissances. Pour marquer l’importance de la main, les romains unissent les mariés en joignant leurs mains droites. Cela confirme l’engagement réciproque, leur promesse de ne faire qu’un. Certaines alliances de l’époque ont montré un dessin de deux mains jointes. Cela n’est pas sans rappeler la célèbre bague irlandaise, la claddagh, toujours très en vogue actuellement.

La main est en outre le siège de la divinité du serment, Fidès. Que cela soit pour un mariage ou pour un autre contrat commercial, les gens se serrent la main pour valider l’accord. De ce geste, a découlé notre poignée de mains, que nous utilisons pour nous saluer.

Si à Rome le consentement fait les noces, n’allez cependant pas imaginer que les époux se choisissaient librement. Ce sont les pères qui règlent les détails des épousailles, à la manière d’un contrat commercial, puisque les négociations se font autour d’un repas. Si l’affaire est conclue, les fiançailles sont officielles, prononcées oralement, accompagnées d’un échange d’anneaux qui se fait à cet instant et non lors des noces. Si la future mariée est encore une enfant, le mariage réel ne devient officiel qu’aux 12 ans de celle-ci.

Je vous vois faire la moue…12 ans, mais c’est encore une enfant! Oui j’en conviens, mais dites vous qu’au IIIème siècle l’espérance de vie était d’environ 35 ans….il fallait donc passer à la procréation dès que le corps en offrait les possibilités.

Cette culture polythéiste a vu son destin basculer le 8 novembre 392, lorsque l’empire déclare comme seule et unique religion le christianisme, interdisant toutes les autres.

 

Date de dernière mise à jour : Ven 07 fév 2020